Blog Joueur de poker en ligne assidu, compétent et vivant de ses gains : consommateur ou professionnel ?
Joueur de poker en ligne assidu, compétent et vivant de ses gains : consommateur ou professionnel ?
Le Joueur de Poker en Ligne constitue un enjeu majeur pour le droit de la consommation. Grâce à l'arrêt CJUE C-774/19, il permet de maintenir la qualité de consommateur même face à des gains importants. Cette décision souligne que le montant des gains et les connaissances du joueur n'influencent pas cette qualification. Les joueurs peuvent ainsi contester les clauses de compétence et accéder à la justice, facilitant leur protection et garantissant leurs droits.
Joueur de Poker en Ligne : La CJUE Maintient la Qualité de Consommateur Malgré des Gains Importants
Selon un arrêt récent de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE 6ème chambre 10 déc. 2020, aff. C-774/19), ne perd pas la qualité de consommateur la personne jouant au poker en ligne un grand nombre d’heures par jour, qui possède des connaissances étendues et perçoit des gains importants issus de ce jeu.
L’essentiel à retenir :
Qualité de consommateur maintenue : Un joueur de poker en ligne conserve la protection du consommateur même s'il joue intensivement et vit de ses gains.
Montant des gains non déterminant : La CJUE refuse de conditionner la qualification au résultat financier, incompatible avec l'aléa inhérent au poker.
Connaissances sans incidence : La notion de consommateur est objective et indépendante des compétences réelles du joueur.
Absence de commercialisation : Le critère décisif est l'absence d'offre de services payants à des tiers sur le marché.
Protection juridictionnelle : Le joueur peut saisir les tribunaux de son domicile malgré une clause attributive de compétence.
Les faits : un joueur de poker régulier et vivant de ses gains
Pour jouer au poker en ligne, une personne physique domiciliée en Slovénie a ouvert un compte utilisateur sur le site internet www.mybet.com dont une société de droit maltaise est propriétaire. L’utilisateur a du accepter les conditions générales établies par la société selon lesquelles les juridictions de la République de Malte étaient compétentes pour trancher les éventuels litiges relatifs aux relations contractuelles. Il jouait régulièrement au poker et vivait de ses gains jusqu’à remporter la somme de 227 000 entre mars 2010 et mai 2011. Cependant, cette somme a été retenue par la société au motif que l’utilisateur aurait violé le règlement de jeu en créant un compte d’utilisateur supplémentaire.
Procédure et question posée à la CJUE : le joueur assidu perd-il sa qualité de consommateur ?
Les juridictions du fond slovènes ont reconnu leur compétence en retenant que l’utilisateur avait agi en tant que consommateur lorsqu’il a ouvert son compte utilisateur sur le site internet de la société. Saisie d’un pourvoi en révision, la Cour suprême de Slovénie s’interroge sur la compétence des juridictions slovènes. La réponse à cette question dépend selon elle du point de savoir si l’utilisateur a conclu avec la société un contrat en tant que «consommateur, pour un usage pouvant être considéré comme étranger à son activité professionnelle », au sens de l’article 15 §1 du règlement n°44/2001. La Cour suprême slovène décide alors de surseoir à statuer et pose à la CJUE la question préjudicielle suivante :
« L’article 15, paragraphe 1, du règlement n° 44/2001 doit-il être interprété en ce sens qu’il convient de considérer aussi comme un contrat conclu par un consommateur à des fins étrangères à son activité professionnelle un contrat pour jouer au poker sur Internet, conclu à distance par un particulier avec un exploitant étranger de jeux sur Internet et soumis aux conditions générales déterminées par ce dernier si le particulier a vécu pendant plusieurs années des revenus perçus et des gains tirés des parties de poker bien qu’il n’ait pas officiellement déclaré une telle activité et qu’il n’offre pas non plus cette activité sur le marché aux tiers en tant que service payant ? »
Réponse de la CJUE
La Cour de Justice de l'Union Européenne précise :
« une personne physique domiciliée dans un État membre qui, d’une part, a conclu avec une société établie dans un autre État membre un contrat pour jouer au poker sur internet et, d’autre part, n’a ni officiellement déclaré une telle activité ni offert cette activité à des tiers en tant que service payant ne perd pas la qualité de « consommateur », même si elle joue à ce jeu un grand nombre d’heures par jour, possède des connaissances étendues et perçoit des gains importants issus de ce jeu. »
Sur le montant des gains
Le jeu de poker est un jeu de hasard comportant aussi bien le risque de perdre les sommes investies que la chance de gager des montants importants. Il ne serait alors pas compatible avec l’objectif de prévisibilité des règles de compétences poursuivi par le règlement de déterminer la compétence juridictionnelle, et donc la qualité de consommateur ou de professionnel, en fonction du montant gagné ou perdu.
Sur le niveau de connaissances
La notion de consommateur présente un caractère objectif et est indépendante des connaissances et informations dont la personne concernée dispose réellement. La qualité de consommateur doit être examinée au regard uniquement de la position d’une personne dans un contrat déterminé, compte tenu de la nature et de la finalité de celui-ci.
Sur la régularité de l’activité
La régularité d’une activité est un élément parmi d’autres à prendre en compte et ne détermine pas, à elle seule, la qualification à retenir à l’égard d’une personne physique au regard de la notion de « professionnel ». La Cour fonde surtout sa décision sur le fait que cette activité ne donne pas lieu à la vente de biens ni à une prestation de services.
En conclusion
Cette décision de la CJUE constitue un précédent important pour les joueurs de poker en ligne et, plus largement, pour tous les utilisateurs de plateformes de jeux en ligne. Elle confirme que la protection consumériste ne s'efface pas automatiquement face à l'intensité de la pratique ou à l'importance des gains.
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FAQ : Joueur de Poker
Un joueur de poker en ligne peut-il être considéré comme consommateur ?
Oui, selon la CJUE (arrêt C-774/19), un joueur de poker en ligne conserve la qualité de consommateur même s'il joue régulièrement et vit de ses gains. Cette qualification dépend de la finalité du contrat, non des résultats obtenus.
Le montant des gains influence-t-il la qualification juridique du joueur ?
Non. La Cour a expressément rejeté ce critère. Le poker étant un jeu de hasard, conditionner la qualification au montant gagné serait incompatible avec l'objectif de prévisibilité des règles de compétence.
Les connaissances en poker font-elles perdre la qualité de consommateur ?
Non. La notion de consommateur est objective et indépendante des connaissances réelles du joueur. Seule la position contractuelle compte, indépendamment de l'expertise acquise.
La régularité de la pratique suffit-elle à qualifier un joueur de professionnel ?
Non. La régularité est un élément parmi d'autres mais ne suffit pas à elle seule. Le critère déterminant est l'absence de commercialisation de l'activité : le joueur ne vend pas de biens ni ne propose de services payants à des tiers.
Quelles sont les conséquences pratiques de cette décision pour les joueurs ?
Un joueur qualifié de consommateur peut contester les clauses attributives de compétence et saisir les tribunaux de son domicile plutôt que ceux désignés par l'opérateur de jeux. Cela facilite l'accès à la justice en cas de litige.
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