Dopage, sanction individuelle et sport collectif : quelles conséquences pour l'équipe ?

Le dopage en sport collectif est un enjeu majeur. Grâce au Code Mondial Antidopage et aux règlements de la FIVB, il permet de comprendre les sanctions collectives. Cette approche combine contrôles ciblés et désqualification pour assurer l'intégrité des compétitions. Les fédérations internationales doivent ainsi naviguer entre réglementations strictes et protection des athlètes. L'analyse révèle que plus de deux violations entraînent des sanctions, ce qui facilite la prévention des comportements dopants.

Dopage, sanction individuelle et sport collectif : quelles conséquences pour l'équipe ?

Dopage en Sport Collectif : Conséquences Juridiques pour l'Équipe d'un Sportif Contrôlé Positif

La presse a annoncé le contrôle positif d'un volleyeur membre de l'équipe russe ayant battu l'équipe de France lors du dernier Tournoi Qualificatif Olympique. Or selon les journalistes, ce contrôle positif pourrait entraîner la disqualification de l'équipe russe. Quelle est la réglementation de la Fédération Internationale de Volley en la matière ? Et qu'en est-il pour les autres sports collectifs majeurs ?
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L’essentiel à retenir :

  • Code Mondial Antidopage (Art. 11.2) : Une sanction collective n'est applicable que si plus de deux membres d'une équipe ont commis une violation antidopage au cours d'une même compétition.
  • FIVB (volley-ball) : Le règlement de la Fédération Internationale de Volley-Ball est plus sévère que le Code Mondial, permettant de sanctionner l'équipe dès le premier contrôle positif d'un de ses membres.
  • FIBA (basket-ball) : La FIBA protège l'équipe si le sportif contrôlé positif démontre l'absence de toute faute ou négligence de sa part.
  • FIFA (football) : En plus des sanctions collectives, le règlement FIFA permet de sanctionner le club d'appartenance du joueur contrôlé positif, y compris en dehors du cadre d'une compétition internationale.
  • Règles plus sévères possibles : Les organisations responsables de compétitions peuvent toujours adopter des dispositions plus sévères que celles prévues à l'article 11 du Code Mondial (Art. 11.3).

Le Règlement médical et antidopage de la Fédération Internationale de Volley-Ball (FIVB)

Selon l'article 11 du Règlement médical et antidopage de la Fédération Internationale de Volley-Ball, "si un membre d'une équipe (…) a été notifié d'une violation des règles antidopage en vertu de l'article 7" au cours d'une compétition, la Fédération a deux possibilités :
  • soit procéder à des contrôles ciblés de l'ensemble de son équipe pendant la durée de l'événement ;
  • soit disqualifier l'équipe de l'événement ou prendre d'autres mesures disciplinaires, y compris le retrait des résultats, en plus des conséquences imposées au volleyeur pris individuellement.
Plusieurs facteurs sont à prendre en compte avant d'imposer une sanction collective. Ainsi la FIVB recommande de tenir compte, par exemple, :
  • du contrôle positif d'un sportif sur d'autres rencontres de la compétitions ;
  • de l'importance prise par le sportif contrôlé positif dans les résultats de l'équipe ;

Que prévoit le Code Mondial Antidopage ?

Il est important de préciser que l'ensemble des réglementations antidopage des fédérations internationales sont prises en application du Code Mondial Antidopage 2015.
L'article 11 du Code 2015 prévoit en effet les conséquences d'un contrôle positif d'un sportif pour les équipes.
Selon l'article 11.1 :
"Lorsque plus d’un membre d’une équipe dans un sport d’équipe a été notifié d’une violation des règles antidopage en vertu de l’article  7 dans le cadre d’une manifestation, l’organisme responsable de la manifestation doit réaliser un nombre de contrôles ciblés approprié à l’égard de l’équipe pendant la durée de la manifestation".
Notons que le Code ne prévoit donc pas la possibilité de sanctionner, directement, l'ensemble de l'équipe comme le conçoit la FIVB.

Plus de deux joueurs en infraction

Selon le Code, il faut en effet que plus de deux membres d'une équipe aient commis une violation des règles antidopage pour qu'une sanction soir prise contre l'équipe (Article 11.2) :
"Si plus de deux membres d’une équipe dans un sport d’équipe ont commis une violation des règles antidopage pendant la durée de la manifestation, l’organisme responsable de la manifestation doit imposer une sanction appropriée à l’équipe en question (par exemple, perte de points, disqualification d’une compétition ou d’une manifestation, ou autre sanction) en plus des conséquences imposées aux sportifs ayant commis la violation des règles antidopage".
L'article 11.3 laisse néanmoins la possibilité pour l’organisation responsable d’une manifestation d’établir des conséquences plus sévères pour les sports d’équipe :
"L’organisation responsable d’une manifestation peut décider d’établir pour une manifestation des règles qui imposent des conséquences plus sévères que celles prévues à l’article 11.2 aux fins de la manifestation".
Ce qui semble être le cas de la FIVB comme nous l'avons indiqué qui permet de sanctionner l'équipe dès le premier contrôle positif d'un des joueurs.

Qu'en est-il des autres Fédérations Internationales ?

La FIFA

La Fifa (football) a également repris la possibilité d'effectuer des contrôles ciblés (article 31 du Règlement antidopage) ou la sanction de l'équipe nationale en cas de contrôle positif de plus de 2 joueurs (article 32.1), mais elle prévoit également la possibilité de sanctionner le club du ou des joueurs contrôlés positifs (article 32.1).

La FIBA

La Fiba (basket) quant à elle précise (article 11.2 du règlement antidopage) que le contrôle positif d'un seul membre de l'équipe nationale n'a pas de conséquence sur le résultat du match. L'équipe peut simplement être disqualifiée en cas de contrôle positif de plus de 2 joueurs. Mais seul le Secrétaire Général de la Fédération peut prendre une telle décision.
La Fiba indique également que, si le basketteur prouve qu'il n'a pas commis de faute ou de négligence, son équipe ne peut pas être disqualifiée (article 11.3), sauf si :
  • plus d'un joueur contrôlé positif ne peut prouver qu'il n'a pas commis de faute ;
  • le dopage du joueur a eu des conséquences sur les résultats de son équipe.

IHF & World Rugby

L'IHF pour le handball (article 10 du règlement antidopage) ou World Rugby (Règlement 21) se sont contentées de reprendre in extenso les dispositions du Code Mondial Antidopage.
 
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En conclusion
La réglementation antidopage applicable aux sports collectifs est fragmentée : si le Code Mondial Antidopage fixe un seuil minimal de deux violations pour déclencher une sanction collective, chaque fédération internationale dispose d'une marge d'appréciation lui permettant d'adopter des règles plus sévères. La FIVB, la FIFA ou encore la FIBA l'illustrent chacune à leur manière. Pour un sportif professionnel ou amateur évoluant dans un sport d'équipe, comprendre ces spécificités est essentiel pour anticiper les risques et organiser sa défense en cas de procédure.
 

 
 
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FAQ : Dopage et Sport Collectif

Qu'est-ce que l'article 11 du Code Mondial Antidopage prévoit pour les équipes ?
L'article 11 du Code Mondial Antidopage 2015 distingue deux situations. Si un seul membre d'une équipe commet une violation, l'organisateur de la compétition doit procéder à des contrôles ciblés sur l'ensemble de l'équipe (Art. 11.1). Ce n'est que si plus de deux membres d'une même équipe commettent une violation au cours d'une même compétition que des sanctions collectives peuvent être prononcées : retrait de points, disqualification ou autre mesure appropriée (Art. 11.2). Les fédérations peuvent en revanche prévoir des règles plus strictes.
Un seul contrôle positif peut-il entraîner la disqualification de toute une équipe ?
En application du seul Code Mondial Antidopage, la réponse est non : un seul contrôle positif n'est pas suffisant pour déclencher une sanction collective. Toutefois, certaines fédérations internationales ont adopté des dispositions plus sévères. C'est le cas de la FIVB (volley-ball), qui permet de sanctionner l'équipe dès le premier contrôle positif d'un de ses membres, y compris par disqualification de la compétition.
Les règles antidopage diffèrent-elles selon les fédérations internationales ?
Oui, significativement. Si l'IHF (handball) et World Rugby (rugby) ont repris à l'identique les dispositions du Code Mondial Antidopage, d'autres fédérations ont développé leurs propres règles. La FIVB prévoit des sanctions collectives dès le premier contrôle positif. La FIBA (basket-ball) protège l'équipe si le sportif prouve l'absence de faute. La FIFA étend la possibilité de sanctions au club du joueur contrôlé positif, au-delà du seul cadre de la compétition internationale.
Peut-on contester une sanction collective prononcée pour dopage ?
Oui. Les sanctions collectives prononcées par les fédérations internationales ou les organisateurs de compétitions peuvent faire l'objet de recours devant les instances compétentes, notamment le Tribunal Arbitral du Sport (TAS/CAS) à Lausanne. La contestation peut porter sur la qualification des faits, la proportionnalité de la sanction, le respect des droits procéduraux des sportifs concernés ou la conformité du règlement appliqué avec le Code Mondial Antidopage.
Quels recours existent pour un sportif dont l'équipe est menacée de sanction collective ?
Un sportif contrôlé positif peut chercher à démontrer l'absence de faute ou de négligence de sa part, ce qui, dans certaines réglementations comme celle de la FIBA, fait obstacle à la disqualification de l'équipe. Par ailleurs, il est possible de contester la méthodologie du contrôle antidopage, d'invoquer une Autorisation d'Usage à des fins Thérapeutiques (AUT) valide, ou de faire valoir des vices de procédure devant l'instance compétente, en première instance fédérale ou en appel devant le TAS.
Le Cabinet Bertrand est-il compétent pour intervenir en matière de dopage en sport collectif ?
Oui. Depuis 1973, le Cabinet Bertrand défend les sportifs dans les procédures antidopage devant l'ensemble des instances compétentes : AFLD, commissions disciplinaires des fédérations internationales (FIFA, FIVB, FIBA, IHF, World Rugby), et Tribunal Arbitral du Sport (TAS/CAS). Que la procédure concerne un sportif individuellement ou qu'elle soulève des enjeux collectifs pour son équipe, le Cabinet analyse la situation au regard du Code Mondial Antidopage et des règlements fédéraux applicables, et élabore la stratégie de défense la plus adaptée.
Le Cabinet Bertrand propose une première consultation pour évaluer votre situation et vous présenter les options disponibles. Les honoraires sont établis de manière transparente selon la complexité du dossier. Contactez-nous pour obtenir un devis personnalisé.